
Un Kong grand spectacle et affolant de maîtrise … mais qui pêche un peu par excès.
Synopsis : Carl Denham, réalisateur un brin mégalo, peu talentueux et fauché s’arrange pour réaliser le film qui sauvera peut-être sa carrière. Envers et contre tous, il s’engage à mener Ann Darrow, comédienne au chômage et Jack Driscoll le scénariste de son film vers une île qualifiée de « Maléfique » afin de réaliser son chef d’œuvre. Grâce à un équipage de contrebandiers et chasseurs, ils embarquent sur un bâteau en direction de nulle part, jusqu’à ce qu’ils débarquent en catastrophe sur Skull Island, l’île maudite. Une île qui va les mener vers la plus improbable destinée mais aussi vers un drame inévitable.
Mon avis : Par où commencer ? Tout d’abord le verdict : King Kong est un très beau film de sentiments emballé dans une aventure spectaculaire à la croisée du fantastique et de l’hommage au cinéma des années 30-40 qui rempli son quota de blockbuster. Une œuvre incroyable, hommage à l’original mais surtout rêve d’enfants de Peter Jackson, qui avec le statut acquis grâce sa trilogie du « Seigneur des Anneaux » tient toutes les cartes en mains afin de briller par tous les bouts … Même si certains excès font mal au film. Le film clairement partagé en 3 parties distinctes (3 heures de film donc 3 fois 1 heure par partie) s’offre le luxe de mélanger les genres. La première partie est superbe de classicisme. Typique cinéma des années 30 on baigne dans un hommage d’époque, aux années folles. Entre une ambiance « Il était une fois en Amérique » et tous films d’époques on assiste à un début d’histoire jubilatoire et touchant. Un peu de comédie et de passion (toutes approches confondues) dans un monde de brutes, c’est comme un retour aux sources.
Puis arrive la seconde partie du film où l’on bascule doucement vers la grande aventure d’antan. L’île de Skull Island renferme son lot de rebondissements fantasques et improbables. Là intervient le gros hic du film. Car une fois la rencontre avec les indigènes, l’offrande à Kong on bascule dans un déluge de courses poursuites, de combats entre dinosaures de toutes espèces et de rebondissements à la pelle très aventures années 50. On sent que Jackson s’en donne clairement à cœur joie en réalisant son rêve mais ce côté too much donne au film une … allez … vingtaine de minutes qui auraient gagnées à être coupées. Non pas parce qu’elles sont ratées, bien au contraire mais trop c’est trop et il est certain que le film perd quelque peu de sa « crédibilité » de grand film. Mais Jackson n’est pas bête loin de là. Pour équilibrer ce qu’il dépense en effets spéciaux hallucinants, il donne à son film une puissance émotionnelle entre Darrow et le Kong. Des scènes magiques parfois drôles et touchantes viennent ponctuer tous ces rebondissements improbables. Une partie du film un peu « à part » qui colle finalement à ces péripéties situées sur une île magique s’achevant par la capture du Kong.
Enfin la dernière partie connue par toutes et tous, voit enfin le final dramaturge arriver. Une tragédie flamboyante et émouvante qui trouve une puissance émotionnelle grâce à la magie opérant. Tous les éléments dramatiques du film éparpillés auparavant se rassemblent pour trouver un sens véritable. On est ému, on frissonne et on cogite car mine de rien le sujet du film qui date quelque peu n’en est pas moins encore d’actualité.
Voilà pour les grands axes du film. Le gros soucis de Jackson est qu’après sa trilogie (chef d’œuvre absolu inter planétaire) il est attendu comme le loup blanc. Un gros risque qui sans aucun doute se retournera un peu contre lui. On en attend trop et … Vous connaissez la suite. ensuite c'est un remke et non une création. Ensuite le troisième soucis de Jackson (et un peu à cause de l’argument précédent) devra certainement patienter un peu pour que son film soit digéré et évalué à sa juste valeur : A savoir un grand et beau film d’aventures humaine et bestiale, très touchant. Avec des effets visuels impressionnants, un King Kong incroyablement réalisé et criant de vérité, on se rend compte qu’on a rarement touché à ce point la perfection.
On baigne dans un autre monde de 3 heures. Un monde restitué d’une manière foudroyante appuyé par une musique envoûtante, des effets spéciaux sensationnels, un scénario malin dans sa démarche. Le casting employé n’est pas étranger à la réussite du film. Naomi Watts d’une beauté renversante captive par son charme naturel, son piquant, son côté « comique ». Jack Black au-delà de son potentiel comique qui n’est plus à prouver, se révèle ici très convaincant grâce à un son rôle de réalisateur fortement inspiré par Orson Welles et Ed Wood même s’il fait des siennes quelques fois (et bienvenues). Rajoutez à cela un Adrien Brody charmeur et aventurier malgré lui et le jeune Jamie Bell (la révélation de "Billy Elliot"), et le tour est joué.
Quant au fameux Kong c’est tout simplement superbe. On y croit dur comme fer lors de ces apparitions … Et le duo qu’il forme avec Naomi Watts est Ahurissant. Emotion, comique, touchant…Tout y est. Que ce soit le défi d’autorité dans la jungle entre l’Homme et l’animal, la scène de retrouvailles dans les rues de New-York entre la belle et son gorille, la scène de capture, la scène bouleversante de la patinoire ou encore LA scène culte de l’Empire State Building … On n’en croit pas ses yeux et pourtant si : On a versé sa larme et sa compassion pour un Gorille !! et virtuel !!! Mention spéciale à Andy Serkis pour sa double performance (Kong et un marin).
Bilan : Une aventure à grand spectacle jouissive, belle, triste et totalement maîtrisée. Un grand pas pour la technologie mais aussi une forme de divertissement intelligent qui change. Dommage que le film se fourvoie dans une succession de péripéties à la limite du gavage pendant 20 bonnes minutes (pas déplaisantes) mais qui auraient boosté le film si supprimées au lieu de l’enliser quelque peu. Le temps aidera l’oeuvre à être réévalué. Reste un beau film spectaculaire et humaniste même si l’ensemble ne vaut pas la qualité de bons grands films plus « classiques ».
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