Lundi 26 décembre 2005 1 26 /12 /2005 19:39

Besson revient avec un délicieux OVNI … Un pur bonheur de fin d'année comme une grande surprise en comparaison de la semi-déception "King Kong" !


Pour la première fois, je vais me la jouer à la Besson et ne pas faire de synopsis pour faire durer le mystère ... Mais attention on est loin d'un mystère à la LOST...Rien à faire de quoi monter la sauce pour rien. Tous les goûts sont dans la nature c'est certain ... alors je sais que le nouvel opus de Besson a rencontré beaucoup de détracteurs mais moi oui j'ai aimé et je vous dis pourquoi :

Si Luc Besson est un businessman malin et un producteur sur qui il est facile de verser sa colère plus ou moins méritée (Yamakasi, Banlieue 13, Taxi 1, 2, 3, Le transporteur 1&2 …) il n’en demeure pas moins un type à idées qui fait bouger le cinéma français techniquement. Mais quand Besson passe à la réalisation ça donne des chefs d’œuvre (Nikita, Leon, Le Grand Bleu) ou des films plus contestés (Jeanne d’Arc, le 5ème élément). Toujours est-il que c’est sans conteste un événement à part entière dès que l’un de ses films sort.

Pour l’heure oubliez tout ce que vous savez du bonhomme et laissez vous embarquer dans ANGEL-A, son film que l’on attendait depuis 8 ans et véritable film expérimental. Tourné à la sauvette caméra à l’épaule, en noir et blanc, en un temps record, ANGEL-A est un très beau et bon film. Une sorte d’OVNI tombé du ciel à l’image de son héroïne Angela. Une belle et grande jeune femme qui débarque d’un coup dans la vie d’André, un jeune mythomane un peu voyou qui à force d’entourloupes se retrouve dans une merde sans nom. La suite c’est bien entendu à vous de la découvrir dans le cinéma le plus proche de chez vous. Une superbe histoire charmeuse, tout en douceur qui par sa sobriété et son entrain poétique fait passer de nombreux messages chers à Besson. Emmené par un casting réduit et atypique (2 personnages principaux parmi une galerie de gueules) le film prend un envol considérable grâce à quelques élans comiques dans les premières minutes avant de nous faire fondre dans une seconde partie prenante et envoûtante. Un joli montage (parfois très Aronofsky’s style), de belles images en noir et blanc, des plans à tomber sans oublier une musique omniprésente et berçante dressent à ANGEL-A les contours d’un contenu encore plus bouillonnant.


En effet, filmée comme une carte postale et objet de désir, Besson donne un style renversant à la ville de Paris en lui insufflant une nostalgie certaine et appuyée. Constamment plongé dans une ambiance rêveuse, lunatique et décalée on se régale, le tout sans fausse note. En complément, la superbe Rie Rasmussen en mannequin dégingandée pleine de peps explose l’inacceptable et agaçante Milla Jovovich dans un registre pourtant proche. Sa beauté n’a d’égal que son talent et sa lumière intérieure. Gilbert Melki même avec un rôle quelque peu réduit envahit l’écran à chacune de ses apparitions. Quant au vrai trésor du film, il s’agit bien entendu de Jamel Debbouze. Sidérant, sobre, naturel, touchant, drôle, enthousiaste, les qualificatifs sont trop nombreux … une sorte de clown triste qui lui colle aux basques durant 1h30 avec notamment 2 grandes scènes intenses (la scène du miroir et la scène finale) qui se passent de commentaires … Mieux vaut les voir pour le croire. Un très beau et bon film, véritable surprise de la part de son auteur autant que de ses acteurs qui trouvera forcément un sacré succès amplement mérité. Et franchement qui aurait pu croire un jour que Jamel aurait pu nous faire pleurer ?

Par Alex - Publié dans : Ciné
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