Orange Mécanique : la pièce.

Publié le par Alex

Quelques jours après avoir assisté à la pièce Orange Mécanique à la Ménagerie du Cirque d'Hiver Bouglione, l'heure est venue, la digestion effectuée, de poser mon verdict : Une réussite handicapée par quelques maladresses autant techniques que de certains  jeux d'acteurs ... Mais il en résulte un tour de force dont les efforts sont foudroyants.

Tout d'abord brisons la glace. La pièce est inspirée du film de Stanley Kubrick lui même inspiré du roman d'Anthony Burgess. Ne faites pas comme les pseudos intellos qui pour foutre la merde clament faut et fort que la pièce insulte le film et que le roman n'est pas respecté et j'en passe ... C'est identique à quelques détails près bien évidemment !!

 

Ensuite la pièce : Vous rentrez dans cette ménagerie et l'on vient vous placer sur 2 estrades de gradins placées l'une en face de l'autre. la scène est située au milieu de manière transversale comme si vous alliez assister à un défilé de mode. Cela attire la curiosité et impressionne. Les décors placés sur des scènes mouvantes fixées sur des rails complètent le sentiment que l'on va assister à quelque chose de nouveau. Et en effet c'est ce qu'il se passe. La pièce se déroule en 3 temps à chaque fois ... Je m'explique. Par exemple : L'intrigue commence au fond de la salle avec l'entrée en scène d'Alex et ses Droogs (scène flippante et jouissive de revoir tout ce beau petit monde), puis se poursuit entre celle-ci et le second plateau mouvant (c'est à dire sur les rails) avec le tabassage du clochard avant d'enchaîner sur la scène centrale (la seconde) pour le viol et enfin dernier plateau de l'autre côté de la salle pour la scène ou Alex rentre chez lui après sa folle nuit de massacre ... Et ainsi de suite. C'est à proprement parler très détaché et bizarre au tout début surtout que vous êtes poussés à regarder le public en face à chaque fois contre votre gré ... mais on s'y fait très vite (c'est à dire lors du viol) et ce jusqu'à la fin de la pièce.

 

L'atout maître de la pièce c'est SAGAMORE STEVENIN. Un acteur prodigieux qui excéle sous les traits de Alex au point de venir titiller la comparaison avec Malcolm McDowell. 1h30 durant, il ne quitte pas le show, hurle son texte avec aisance et prodige. Stévenin enflamme le théâtre et est époustouflant : Cris, larmes, essoufflements, sueurs et j'en passe ... Stévenin est électrique !!!

Le second atout de la pièce est ce décor dépouillé, très art moderne qui surprend donc mais qui rend l'ambiance encore plus froide et étrange comme le film de Kubrick. On adhère ou pas c'est certain mais on nne peut que saluer la mise en scène qui cumule les points forts : Le public est très réceptif puisque très près des acteurs (7 rangées de places de part et d'autre). Il n'y a pas de privilégiés. Tout le monde en a pour son argent (malgré le fait de ne pas être très bien assis mais bon ...)

 

La musique de Cerrone est assez bonne, Beethoven remanié avec brio mais contient les premiers reproches de mise en scène. le son n'est pas très bien réglé et s'enflamme pour un rien parfois au dépit des acteurs ... Elle ne colle pas toujours avec la scène jouées et c'est un peu dommage mais vraiment pas de quoi s'alarmer.

Le casting quand à lui n'est pas sans faute ... Excepté Sagamore Stévenin (Alex), Philippe Corti (Le clochard / Le gardien de prison) et Jean-Gabriel Nordmann (L'écrivain / Le prêtre) le reste du casting tutoies l'imperfection. Isabelle Pasco est très belle mais tâtonne dans son rôle de femme vIctime au tout début et également dans le rôle du ministre mais rien de méchant. Jean-Christophe Bouvet (Le tuteur / Le médecin) est plus à l'aise avec la blouse blanche qu'avec le tutorat dont il n'a pas l'air d'avoir chopé le sens au point de cabotiner tel un chien fou ... mais bon. Par contre le GROS dilemme vient des Droogs : Dim et Pete. Philippe Smail (DIm) a le physique de son modèle mais ses dialogues et sa façon de jouer sonnent souvent faux (il a joué dans "L'empire des Loups" juste avant donc certainement des séquelles ... je ne sais pas) et Firat Celik (Pete)  aussi fiDèle au physique de son modèle ne tient pas souvent la route (pourtant courte de son personnage) ...

 

Mais tout ceci n'est vraiment rien en regard de l'énergie déployée par l'ensemble de la troupe. Le tout se laisse regarder sans soucis ... on est juste un peu déboussolé de temps à autres par certaines répliques et certains emportements ...

 

Toujours est-il que le pari est relevé haut la main. Que cette pièce est à voir impérativement. Que Sagamore Stévenin drive magnifiquement bien le show et efface de loin l'idée irraisonnée de la prod d'avoir un temps soit peu confié le rôle d'Alex à Samy "t'as pas une trace de C" Naceri ... Ce qui aurait fait tâche. Et puis gageons qu'au fil des représentations les quelques défauts s'amélioreront.

La pièce est interdite aux moins de 16 ans compte tenu du caractère de la pièce (viol en live un peu dénudé), nombreuses scènes de nu (viol, Stévenin en prison en nu intégral s'il vous plait Mesdames :)) et strip tease d'une gogo pour tester les réflexes d'Alex en prison ...) 

 

C'est donc à la Ménagerie du Cirque d'Hiver Bouglione jusqu'au 6 Mai 2006:

 

110 rue Amelot, 75011- Paris.

 

Tarif Plein : 38 Euros / Tarif Etudiant : 26 Euros / Kiosque le jour même : 23 Euros.

 

 

Publié dans alexvision

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