"Silent Hill" de Christophe Gans

Publié le par Alex


Note Alexvision : 17 / 20

Une extraordinaire et surprenante œuvre gothique, poétique et flamboyante qui flirte avec autant de violence que d’intimiste…

Ceci n’est plus un secret : A chaque sortie d’un film de Christophe Gans c’est l’événement assuré... Mais aussi l’occasion rêvée de le savater et de l’enfoncer pour la plupart des gens (jaloux ?). Pour son 3ème film après Crying Freeman et Le Pacte des Loups, Gans ne déroge pas à la règle pour ce Silent Hill (adaptation du jeu vidéo éponyme) puisqu’il a été accueilli avec autant de salutations que de hurlements de protestation. Alors qu’en est-il ?

Et bien une très bonne surprise qui m’a littéralement scotché. Avec le recul et une nuit pour m’apaiser je confirme largement : Silent Hill est une impressionnante réussite malgré quelques chouïas où il y à redire (si peu …) mais bon. N’étant pas un adepte du jeu vidéo mais le connaissant globalement il n’y a déjà pas l’ombre d’une déception. Gans a su restituer l’ambiance, les personnages et l’intrigue principale avec une fidélité déconcertante. Des mouvements de caméra à la musique en passant par certains plans et quelques répliques, clins d’oeils, tout est présent. Silent Hill est incroyablement bien mis en scène.

Une esthétique glauque, superbe, des images qui hantent longtemps après la projection… On est plongé pendant 2h05 dans un autre monde  à l’image de l’héroïne principale (Superbe Radha Mitchell d’une puissance émotionnelle parfaite). Véritable voyage initiatique auquel nous convie Gans dans lequel une mère de famille doit entamer une descente aux enfers afin de récupérer sa fille chérie, c’est un tourbillon de sentiments, de tableaux flamboyants auxquels nous sommes confrontés. Une mise en scène irréprochable qui hypnotise en somme.

Rayon casting Gans a su s’épauler comme il le fallait avec des personnages copiés collés à ceux du jeu vidéo mais en leur insufflant un supplément d’âme en dressant une ode à la femme : Forte, sensible, courageuse, apeurée, sensible…  Si Radha Mitchell est excellente on saluera aussi Laurie Holden et Deborah Kara Unger en différentes catégories de femmes : la mère de famille, la femme flic célibataire et la mère de famille endeuillée.

Du gore, du glauque, de l’impressionnant. Jamais un tel sentiment d’étouffement et de peur au cinéma n’aura autant saisi à la gorge. Une expérience à vif.

Alors forcément, vous vous demandez où Christophe Gans a pu rater sa tambouille comme il l’avait déjà fait (un peu) sur Crying Freeman et surtout (à fond) sur Le Pacte des Loups qui en plus d’une seconde partie ratée flirtait avec le grand n’importe quoi niveau casting (on taira la cata Samuel LeBihan). Et bien justement Silent Hill n’a rien de raté !!! Même si le personnage du mari interprété par Sean Bean aurait certainement gagné a être beaucoup plus développé on pointera surtout du doigt le dénouement qui laisse place au grand gore énervé et emberlificoté dans des explications un peu longues alors que tout le reste du film jouait sur le mystère et la tension extrême des plans visuels et sonore. Une légère faiblesse qui ne tue pas un film d’une belle intensité mais qui ne l’handicape pas pour autant puisque tout se tient.

Une œuvre flamboyante et saisissante qui marque au fer rouge. En attendant sa sortie DVD (espérons une director’s cut ou une édition prestigieuse) saluons comme il se doit le film Français (Gans rappelle bien qu’il s’agit de la nationalité Française vu le crew technique et artistique de prod) qui vient de cartonner aux USA. Laissez vous donc happer par cette expérience sordide et passionnante. EXCELLENT… vraiment.

Publié dans Ciné

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