"Enfermés Dehors" d'Albert Dupontel

Publié le par Alex

Une comédie déjantée, grinçante, plus mature et impliquée ...


Note Alexvision : 14 / 20

Albert Dupontel a un problème et un gros. Ce mec là est ravagé et c'est pour ça que je l'adore. Après "Bernie" et "Le Créateur" voici donc "Enfermés Dehors", le nouvel opus du barjot en question : L'histoire d'un SDF nommé Roland qui assiste un jour à un suicide. Le suicidé c'est un flic et comme Roland n'est pas loin il récupère les affaires du flic décédé et s'empresse de les ramener au commissariat de quartier. Seulement voilà, il se retrouve jeté dehors et se décide à revêtir cet uniforme dans le seul but de manger gratis à la cantine du commissariat... C'est sans compter tout ce qui va s'ensuivre pour Roland ainsi que ses actes pour sauver une certaine France d'en bas et miséreuse ...


Attention, nous nageons en plein cartoon. Il s'agit là de l'univers particulier de Dupontel et je ne cache pas le fait qu'il faut aimer le personnage pour être absorber par l'intrigue et l'ambiance du film. Montage accéléré et frénétique, galeries de gueules et rôles secondaires, rythme effréné ... C'est très particulier même si Dupontel s'est calmé avec l'âge. Après l'insolence de "Bernie" et le délire du "Créateur", Dupontel signe ici son troisième film mais surtout le plus impliqué, le plus censé et le plus touchant malgré un léger bémol vers la fin pourtant inhérente et indispensable au film. Il en résulte tout de même une note touchante notamment sur le jeu de mot "faim" lors du mot "fin"...


C'est décalé à 200% et "Enfermés Dehors" est un festival de situations déjantées cartoon. On est pété de rires devant les situations scabreuses et folles que Dupontel s'inflige et inflige aux autres. Roland est frappé du ciboulot et passablement perturbé ... C'est pour ça qu'on l'adore :) Claude Perron pour sa troisième participation sous la direction de Dupontel campe un personnage de mère courage et touchante. Yolande Moreau est impériale sans oublier la pléiade de seconds couteaux tous aussi barrés et talentueux les uns que les autres. Dupontel est également très malin et sait s'entourer. Ici c'est à Benoît Debie qui se charge de la direction photo (il a bossé sur "Irréversible" et tous les Gaspar Noe) et on ressent bien la collaboration avec Terry Gilliam (réalisation sous influences) ou encore Terry Jones les deux ex-Monty Pythons...


Une comédie frappée, bien emballée qui distrait autant qu'elle sait distiller de bons et jolis messages... Dommage que le film bascule quelque peu dans la magie féerique de bons sentiments légèrement "guimauve" et surréalistes vers la fin même si ça fait parti du délire total inhérent au film... Faiblesses rattrapée par l'énergie communicative et l'intelligence comique.

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Publié dans Ciné

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